L’âme de vie, les âmes soeurs et les extradimensionnels
Entretien avec Adolphe D. Grad

Philosophe et écrivain, Adolf Dimitri Grad est l’un des six plus grands spécialistes de la Kabbale. Né en 1916, Adolf Dimitri Grad était Français d’origine juive russe et se présentait comme le descendant en ligne directe (septième génération) du Rabbin Gaon de Vilna connu pour son opposition aux Hassidim (18e s.). Spécialiste de la kabbale, il écrivit plus de vingt-cinq ouvrages,il est le premier auteur d’un Traité des Principes Kabbalistiques. et donna des centaines de conférences et de séminaires dans le monde.
Il fut notamment connu pour son ouvrage «Les clefs secrètes d’Israël», paru chez Robert Laffont, ou pour son livre «Le véritable Cantique de Salomon», une introduction kabbalistique du Cantique des Cantiques, parue en 1970. Pour lui «Un kabbaliste est sans doute un homme que l’on connaît peu, mais qui essaie, lui, de se connaître mieux». Il est décédé au Diamant (Martinique) le 1er septembre 2012, à l’âge honorable de 96 ans, et fut inhumé en Israël le 5 septembre suivant.

Résumé du livre :
La Kabbale représente la tradition ésotérique du Judaïsme. A.-D. Grad est le premier auteur d’un Traité des Principes Kabbalistiques. Principes Kabbalistiques, mais aussi considérations traditionnelles sur l’alphabet hébreu et les séphiroth, et propositions étonnantes de Géométrie sacrée qui conduisent à la réalisation de la trisection de l’angle. Un théorème hébraïque dissimulé dans le Traité de la Formation permet à tout homme de bonne volonté de participer à la création du monde et d’exalter le Nom du Maître de Tout.
La Kabbale de l’Or Philosophal qui complète l’ouvrage, nous livre avec le nombre du Golem, une grammaire hébraïque de l’Art hermétique.
A.-D. Grad a serti le plus beau fleuron de la sagesse secrète des Hébreux.
Entretien avec A.D.GRAD
Question : Parle-nous du mystère, ou de l’illusion, des âmes sœurs ?
Réponse : En hébreu on emploiera le mot Nechamah, la fine pointe de l’âme. La tradition hébraïque distingue cinq degrés de l’âme : Nefesh, Rouah, Nechamah, Haya, Yehida.
Pour la Kabbale chacun possède Nefesh, l’âme végétative, du fait que nous sommes vivants.
Le second degré est cet embryon de principe spirituel dans l’individu qu’on appelle Rouah. Tout être humain le possède.
Le troisième degré est Nechamah, cette fine pointe de l’âme, expression aussi utilisée par les Soufis, ou dans le « Que Dieu ait son âme ». Il concerne la minorité de ceux qui vont tenter d’unir ici-bas, pour unir en haut.
Quitte à être qualifié d’élitiste, une grande partie de l’humanité ne la possède pas, et c’est un problème. Il n’y a pas de préoccupation spirituelle. Le Rouah est recouvert d’une gangue. Ces individus profitent de la vie telle qu’elle se présente. Sans complication. Ceux du Nechamah seront conscients du « culte » d’Eros ou de sa manifestation.
Le quatrième degré est Haya, le principe de Vie. Qu’est-ce que les scientifiques m’apprennent sur la vie ? Des histoires, des schémas invraisemblables: je ne sens pas la vie là-dedans. Haya est le réservoir, la source d’énergie qui est dans l’univers.
Le cinquième degré, Yéhida. Chez les chrétiens il correspond aux mystiques, à « l’anéantissement » de l’âme. L’unité, Ehad la racine, est dans le Point suprême. En Kabbale nous sommes plus prudents. nous disons que nous adhérons, par la Devekout, à ce Point, au principe divin. Ceci est réservé à l’élite de l’élite.
Si un être humain possède les trois premiers degrés c’est déjà beaucoup.
Question : A quel degré correspond le souffle prophétique?
Réponse : Celui-là a dépassé Nechamah. il se situe entre Haya et Yehida. Quoiqu’il faille là aussi être réservé. Le prophète peut y être inspiré à un certain moment sur un message à transmettre. Le médium n’est pas qualifiable, car il est truchement, instrument comme le jardinier pour un jardin. Idem pour les artistes.
J’attribue plus une place à l’humble chercheur de la base qui par lui-même cherche à conquérir son âme. Il essaye de la mériter au moins au troisième degré.
On revient aux âmes sœurs. On a défini les âmes.
D’après la Kabbale tout être à l’état d’embryon développé est déjà promis à un autre être. On sait que telle petite fille qui va naître est l’âme sœur du petit garçon de là-bas. Il naissent pas très loin pour pouvoir se retrouver. Il se peut aussi que certains voyagent. L’âme sœur est en gestation dans chacun des partenaires promis, et cela va créer la rencontre. Mais elle n’est pas automatique. Il se peut qu’il y ait des rencontres secondaires. Entre temps ces âmes ne se trouvent pas tout de suite. Elles peuvent se retrouver après bien des expériences.
J’ai vu une fois une jeune fille de 14 ans regarder un garçon et dire « ce sera mon mari ». Et cela s’est réalisé. Elle avait reconnu son âme sœur.
Il y a celui qui reconnaît son âme sœur, et celui qui ne la reconnaît pas. Il cherche, il trouve ou ne trouve pas. Dans son incarnation il est possible que son programme soit perturbé, ou qu’il y ait des empêchements. Il doit passer par des épreuves dont il souffre sans comprendre.
On peut rester seul, en exil, une bonne partie de sa vie. Tel Pablo Cazals, le violoncelliste, qui ne rencontre son âme sœur qu’à 90 ans. Mieux vaut rester seul que mal accompagné, et être en contradiction avec la Loi qui interdit de rester seul. Et pourtant il faut trouver son âme sœur. C’est presque impératif. Mais c’est parfois difficile.
Question : Les âmes sœur sont en quête pour se rejoindre. Elles vivent l’exil. Dans la notion de « Gilgoulim », la Kabbale aborde le thème des réincarnations.
Réponse : La Kabbale croit à quelques réincarnations, trois ou quatre, voir le verset de Job :
« Voilà tout ce que fait l’Eternel, deux fois, trois fois, avec l’âme pour la rappeler de la fosse, pour que l’homme soit éclairé de la lumière des vivants ».
Cela sous-entend que deux fois – trois fois il est donné une chance de trouver son âme, en s’affranchissant, en s’épurant, en aboutissant à quelque chose. On peut donc remonter à 2 ou 3 réincarnations. Cela fait en tout quatre vies. Et après l’âme s’éteint, disparaît.
Il y a un réservoir d’âmes à l’origine. Pour cela nous disons « SOS, sauvez vos âmes » parce que l’âme peut s’éteindre. C’est une bougie allumée, quand elle va arriver presque au bout de son éclairement, elle va se résorber. Si tu ne passes pas le petit bout de flamme qui reste à une autre bougie, tout disparaît. Il n’y a plus de raccord entre l’une et l’autre. Nous, nous disons que toute âme n’est pas immortelle. Elle peut à la rigueur survivre.
Chez les Chrétiens le purgatoire dure un an. Chez les autres il ne faut pas aller au cimetière, car l’âme peut être encore en train d’errer. Comme il y a trois corps : physique, éthérique et spirituel, le corps éthérique reste en liaison avec le corps physique.
C’est pour cela que la Kabbale est contre l’incinération : on n’a pas le droit de brûler le corps physique volontairement. C’est faire souffrir le corps intermédiaire, le corps éthérique. Si l’âme doit survivre, au moins donnons lui sa chance de survivre. Si tu brûles le corps, c’est complètement fini. L’âme n’étant pas immortelle par principe, doit gagner son immortalité. Ainsi le verset de Job indique qu’il est laissé deux ou trois occasions de la sauver.
Si vraiment à la dernière réincarnation tout lui est donné, et que cela ne l’intéresse pas, c’est fini. L’âme disparaît dans la mort physique. Il n’y a plus rien.
Des grands savants comme Monod, Jean Rostand disaient : « après moi il n’y a plus rien ». Oui, ils ont décidé que l’immortalité de l’âme ne pouvait pas exister, tout est hasard, eux sont un accident de la nature, savants par accident. Parfois ils se trompent, Monod disait : « Il n’y a pas d’eau dans le cosmos, sauf sur la terre ». Non, il y en a ailleurs.
Ces gens-là savent que pour eux c’est fini. Robespierre, l’homme de la Terreur, disait :
« celui qui ne croit pas à l’immortalité de son âme, ne fait que se rendre justice ».
C’est formidable de sa part. Monod, Jean Rostand etc… se rendent justice, car ils savent qu’ils ne reviendront pas.
Il y a aussi celui qui se sauve et qui va essayer de sauver les autres à son tour.
J’ai vécu cette expérience. Je peux vous dire qu’il y a une possibilité de se sauver. Je suis cette voie initiatique que vous m’indiquez et je vous fais confiance. Si l’on ne fait pas confiance à l’autre, c’est perdu. On peut passer à côté d’un semblant de vérité par manque de confiance. Il ne va pas adhérer (Devekout), il ne se liera pas, il n’épousera pas, il n’avancera pas. Et qui n’avance pas, recule.
Question : Est-ce que l’enseignement de la Kabbale, par son retour au Feu originel, n’est-il pas l’une des meilleures voies pour l’immortalité de l’âme?
Réponse : Cela aide, car tu es animé d’une volonté de savoir. Certains ont besoin de rechercher l’unité. Il faut que ce soit vécu. Certaines voies ne se vivent pas, deviennent de la littérature. Je crains que l’on ne parle beaucoup. L’Occident est séduit par l’Asie etc… Mais pour eux c’est du folklore, de l’exotisme, du dépaysement esthétique.
Est-ce un piédestal pour l’apparence ou pour s’appuyer dessus pour aller plus haut? Dépasser cela pour se dépasser soi-même. Si on stagne et si on reste à son petit niveau, c’est sans intérêt.
Les extraterrestres ou extradimensionnels ?
Le mystère de l’existence d’Arqâ. Car Arqâ existe. Arqâ est une planète. Une planète habitée, selon le Zohar, puisque l’un de ses habitants a eu autrefois un entretien sur la Terre avec Rabbi Yossé, un témoin prestigieux et peu suspect.
Nous pensons que le lecteur sera intéressé par le récit zoharique de cet entretien. C’est pourquoi nous le transcrivons :
« Ils (Rabbi Yossé et Rabbi Hiyâ) allèrent donc s’asseoir devant la fissure d’un rocher d’où ils virent sortir un homme. Les voyageurs furent saisis d’étonnement. Rabbi Yossé dit à cet homme:
— Qui es-tu? Celui-ci répondit :
— Je suis un des habitants d’Arqâ. Rabbi Yossé lui demanda :
— Y a-t-il donc des hommes sur Arqâ? L’autre répondit :
— Oui, les habitants d’Arqâ sèment et moissonnent. Mais la plupart d’entre eux ont des visages différents du mien. Je suis sorti de ce rocher quand je vous ai aperçus, pour savoir de vous le nom de la terre sur laquelle vous habitez. Rabbi Yossé lui répondit :
— Le nom de notre terre est Erets (Terre, en hébreu), parce que c’est ici sur notre terre que réside la vie, ainsi qu’il est écrit : « La Terre (Erets) d’où le pain naît. » Le pain ne naît que de notre terre, mais d’aucune autre.
Aussitôt que Rabbi Yossé eut cessé de parler, l’habitant d’Arqâ disparut dans la fissure du rocher. Très étonnés, les voyageurs se dirent : II est certain que le Saint, béni soit-Il, veut que nous disions un mot au sujet de la Loi… »
Le mystère d’Arqâ n’est pas évoqué seulement dans cet entretien. Un autre passage du Zohar, qui se trouve cette fois-ci au tout début du premier livre situe sur Arqâ la résidence des petits-fils de Caïn.
« Après avoir été chassé de la Terre, Caïn descendit à Arqâ, où il engendra des enfants. Caïn se trouva soudainement sur Arqâ, sans savoir par qui il y avait été transporté. »
Voilà qui ne laisse pas d’être troublant. Expulsé « de dessus la face de la Terre » après son ignoble comportement, Caïn aurait été finalement « transporté » sur une autre planète, peut-être par les « frères » des Nefilîm qui « tomberont du ciel » non seulement une fois mais « même après ».
Jugé indigne de la Terre, le fils d’Adam fut « récupéré » ailleurs, laissant ainsi bien malgré lui à Cheth son frère, le troisième fils d’Adam né pour remplacer Abel assassiné, la responsabilité d’une postérité terrestre à la mesure qualitative d’En Haut. Car il semble bien que si le comportement de Caïn fut observé d’ « En Haut », il le fut pourtant de très près. Son exil, son véritable bannissement ne tarde pas.
Caïn, dit l’Écriture, « se retira de devant YHWH et séjourna dans le pays de Nôd ».
Dans le livre de Jérémie, au « chapitre 10 », le Prophète s’adresse au peuple d’Israël pour l’éloigner du « culte des idoles » . Au milieu de ce chapitre écrit en Hébreu, un verset s’insère curieusement en Araméen ( la langue du Zohar) ; le verset « 11 » !
Si ce verset, est habituellement traduit par ; « Témroun Léhom Elahaya – vous leur parlerez ainsi aux dieux … Di Shémaya VéArka La‘Avadou – qui n’ont créé ni le Ciel ni la Terre … Yévadou MéAréa – ils disparaîtront de Aréa » , sa véritable traduction littérale est ; « ces dieux qui n’ont créé ni les cieux ni Arka אַרְקָא… ils disparaitront de Aréa אַרְעָא (autre désignation de Erets אֶרֶץ , notre terre en hébreu ).
Plus loin, la Torah nous dit ; « lorsque Caïn tua son frère Abel : il fut chassé au pays de Nod » (Genèse 4:16). Mais le Zohar exprime différemment son exil :
« Après avoir été chassé de la Terre, Caïn descendit soudain sur Arka ; c’est là qu’il engendra des enfants » (Zohar, I:9b).
Enfin, le Zohar (Béréchit p 40 A) nous enseigne ;
« La terre est divisée en 7 compartiments : la Terre ( Erets) , le Sol , Gaye, Nechia, Tsia, Arka et Tevel. Le 7 ème (Tevel) est le compartiment supérieur, celui dans lequel nous vivons » .

Au final, le Zohar désigne « Arka » comme un lieu inférieur de la Terre, celui d’une nouvelle chute – puisque Caïn « y descendit », mais il insiste :
« Vues de Arka, les constellations ont une disposition autre de celle que nous apercevons de notre Terre , les saisons et les semailles y sont différentes , elles ne s’y renouvellent qu’au bout d’un nombre considérable d’années » .
Ainsi, le monde de Arka paraît bien se situer sur une autre planète et les fissures ou descentes que décrit le Zohar, semblent correspondre à des couloirs d’accès à des mondes parallèles, dans lesquels notre « double », suivant son niveau spirituel , pourrait résider …
Récemment, la NASA a découvert un système planétaire (TRAPPIST-1) à 39 années lumière constitué de 7 planètes rocheuses similaires à notre Terre. Peut être que Arka serait l’une de ces exo-planètes où pourrait résider une forme de vie extraterrestre ?
Malgré ces pistes apportées par le Zohar, et qui restent à ce jour non solutionnées, n’oublions pas que le seul et unique objectif de l’enseignement de la Torah n’est pas de démontrer la Science ( ni la Science de démontrer la Torah) ; mais celui de l’amélioration de l’être … vivant sur Erets ; notre terre !
Nous trouvons, à l’instar du Livre d’Abraham, des précisions concernant l’emplacement d’Arqâ qui est bien un objet astronomique, à savoir une planète :
Arqâ est formée de deux parties, dont l’une est constamment inondée de lumière, et l’autre toujours plongée dans les ténèbres. Il y a là deux chefs, dont l’un règne sur la partie éclairée, et l’autre sur la partie privée de lumière. Ces deux chefs étaient constamment en guerre l’un contre l’autre.
Cela nous indique qu’à l’intérieur même des textes sacrés, existe une étrange connaissance concernant des mondes non terrestres, d’où proviennent les célestes et Dieu. Où des humains ont été déportés, tels Caïns et d’autres personnages.
Arqâ est un monde inférieur à la terre. En revanche Kolob est un univers stellaire au-dessus de la terre.
Le livre d’Abraham (de Joseph Smith), nous enseigne qu’il existe donc une étoile proche du trône de Dieu, et elle est désignée sous le nom de Kolob : Abr. 3 verset 3 :
Le Seigneur me dit : ce sont les étoiles qui gouvernent, et le nom de la grande est Kolob, parce qu’elle est proche de moi, car je suis le Seigneur ton Dieu : J’ai établi celle-là, pour gouverner toutes celles qui appartiennent au même ordre que celle sur laquelle tu te tiens.
Existe-t-il sur la Terre des endroits qui sont des portes vers les étoiles, permettant de voyager rapidement d’Arqâ en Kolob, etc. ?





