Guidances

La présence divine

Le Concept du Féminin Divin, Shakti et Shekinah, au croisement des cultures

Shakti et Shekinah sont deux concepts d’une importance capitale dans l’hindouisme et le judaïsme respectivement. Bien que d’origines et de contextes culturels différents, ils partagent de nombreuses similitudes dans leurs significations et représentations, suggérant la présence d’une énergie féminine divine universelle.

Explorons la signification et l’importance de Shakti et Shekinah et approfondissons leur rôle dans leurs religions respectives.

Dans l’hindouisme, Shakti est considérée comme l’énergie divine féminine et est souvent désignée comme l’énergie cosmique primordiale qui imprègne l’univers tout entier. Le terme « Shakti » dérive du sanskrit « shak », qui signifie « pouvoir » ou « avoir du pouvoir ». Cette énergie cosmique est considérée comme la source de la création, de la préservation et de la destruction de l’univers.

Dans la mythologie hindoue, Shakti est souvent représentée comme une déesse puissante, représentant l’aspect féminin du divin. Elle est dépeinte comme une force féroce et puissante, capable à la fois de créer et de détruire.

Le concept de Shakti est profondément ancré dans la croyance hindoue selon laquelle l’univers est une manifestation des énergies masculine et féminine. Shakti est considérée comme le pendant féminin de l’énergie masculine, Shiva. Ensemble, ils sont considérés comme la puissance et l’équilibre ultimes de l’univers. Cette croyance se reflète dans de nombreuses pratiques hindoues, où le culte de Shiva et de Shakti est considéré comme essentiel à la croissance spirituelle et à l’illumination.

Shakti est également associée à l’énergie Kundalini, censée résider dans le corps humain. Souvent décrite comme un serpent enroulé à la base de la colonne vertébrale, elle représente l’énergie potentielle de chaque individu. L’éveil de cette énergie est censé conduire à l’illumination spirituelle et à la réalisation de son véritable soi.

Dans le judaïsme, la Shekinah est considérée comme la présence féminine divine. Le terme « Shekinah » dérive du mot hébreu « shakhan », qui signifie « habiter » ou « résider ». La Shekinah est souvent décrite comme l’aspect féminin de Dieu, représentant ses qualités nourricières et compatissantes. Elle est également considérée comme la source de la sagesse et de la direction divines.

On voit ce terme dans la Torah, par exemple, dans le livre de l’Exode, chapitre 25, verset 8 :

« Et ils me construiront un sanctuaire, pour que je réside [Shakhan] au milieu d’eux ».

Ce terme apparaît ensuite dans le chapitre 29 du même Livre, verset 45 :

« Et je résiderai [Shakhan] au milieu des enfants d’Israël et je serai leur Divinité. »

Nous le voyons aussi dans Esaïe 8 : 18 :

« Me voici, moi et les enfants que l’Éternel m’a donnés, nous sommes des signes et des présages en Israël, de la part de l’Éternel des armées qui habite [Shakhan] en la montagne de Sion. »

Le concept de Shekinah se retrouve également dans la Kabbale, une branche mystique du judaïsme. Selon la Kabbale, la Shekinah est l’aspect féminin du divin et est considérée comme l’épouse de Dieu. Elle est considérée comme la source de toute création et la source de l’énergie spirituelle qui relie tous les êtres vivants au divin. Les kabbalistes croient qu’en se connectant à la Shekinah, on peut atteindre un niveau de conscience supérieur et s’unir au divin.

La Shekina est regardée comme la première entité créée — la lumière créée ou la Gloire créée —, intermédiaire entre Dieu et l’homme. C’est elle qui apparaît aussi aux prophètes dans la vision prophétique.

Le thème de la Shekina a pris un développement considérable dans la kabbale des sephiroth. En tant que dixième et dernière sephira (Malkhout), elle représente le principe féminin, réceptif et passif, du monde divin. Comme la Lune, elle n’a pas de lumière propre, mais la reçoit des sephiroth supérieures par l’épanchement du flux, et elle reflète la nature ou la « couleur » de la lumière reçue. Elle est aussi l’épouse ; et son union avec la sixième sephira, Tiphereth ou l’Époux, est la condition de l’harmonie du monde divin, dont celle du monde d’en bas n’est qu’un reflet.

La Shekhina est également associée à la sephira Binah.

Binah est la puissance féminine archétype, elle est également appelée AIMA(Mère fertile rayonnante). AIMA donne la vie et son action fait que le force issue de Hokhmah appelé ABA (Père), ne se perde pas mais puisse accomplir son chemin harmonieusement dans la Manifestation.

Hokhmah, racine du Feu, est le principe mâle, actif : le Père Suprême. Binah, quant à elle, racine de l’Eau, est le principe femelle, passif : la Mère Suprême. De l’union du Père et de la Mère naissent les Sephiroth inférieures.

La Hokhmah est la dimension de la sainteté appelée Saint, et lorsque la Hokhmah se déploie dans sa Binah, selon le secret des sentiers, en se joignant à elle la Binah prend le nom de Saint des Saints.

La qualité attribuée à Binah est le Silence. Et Lorsque le Silence se tait, via la semence de Hokhmah, la Présence se manifeste.

« Cette sephira   Binah est appelée Shekhina d’en haut. Il en va vraiment ainsi, et nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : ‘De même qu’il y a une Shekhina en haut, ainsi il y a une Shekhina en bas' » (Sheqel haQodesh, p. 128 éditions Verdier).

Shakti et Shekinah représentent toutes deux l’énergie féminine divine, essentielle au maintien de l’équilibre et de l’harmonie dans l’univers. Symboles de force, de compassion et de sagesse, elles sont vénérées et vénérées par leurs fidèles respectifs.

Les concepts de Shakti et de Shekinah soulignent également l’importance de l’égalité des sexes dans leurs religions respectives. Dans l’hindouisme, Shakti est considérée comme l’équivalent de Shiva, et ensemble, ils représentent l’équilibre des énergies masculine et féminine. Dans le judaïsme, Shekinah est considérée comme l’incarnation du divin féminin, tout aussi important que l’aspect masculin de Dieu.

Shakti et Shekinah revêtent une importance capitale dans leurs religions respectives et jouent un rôle crucial dans le façonnement des croyances de leurs adeptes. Elles représentent l’énergie divine féminine, essentielle au maintien de l’équilibre et de l’harmonie dans l’univers. Ces concepts soulignent également l’importance de l’égalité des sexes et le rôle des femmes dans la spiritualité.

En fin de compte, le culte et la vénération de Shakti et Shekinah rappellent la vérité universelle selon laquelle le divin existe sous des formes à la fois masculines et féminines.

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