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Le Serpent Intérieur, le Na’hash et la HAINE

La Définition Kabbalistique du Serpent Na’hash et le secret du Dragon

Dans une période où la HAINE est devenu le moteur de la politique, il est impératif de lui consacrer une étude en dehors des sentiers battus. Ces fous qui distillent la haine sont en train de préparer le tremplin pour la transformation finale vers une conscience messianique … Tout est toujours pour le bien …

Na’hash est le terme utilisé pour désigner le serpent de la Genèse, qui entraîne la chute d’Adam et Ève. Le mot, selon la tradition secrète, désigne un sentiment intérieur profond attachant une entité à sa propre existence individuelle, en lui donnant le désir ardent de la préserver et de l’accroître.

Na’hash, le serpent au sein de l’homme, est l’égoïsme radical qui pousse un être individuel à faire de lui-même le centre de tout l’univers.

Moïse définit ce sentiment comme la passion réductrice d’une nature élémentaire qui est la source secrète avec laquelle le Créateur a animé toutes choses dans la nature ; nous la connaissons par le nom de l’instinct naturel. Na’hash ne doit pas être compris comme un être séparé, mais plutôt comme un mouvement central donné à la matière, une source occultée agissant dans la profondeur des choses.

L’égoïsme de l’homme, ces passions aveugles qui nous sont communes aux premières étapes de notre évolution sont les rejetons de ce serpent – Na’hash. Ce mot signifie un instinct égocentrique déraisonnable dans toutes les langues orientales, il signifie une ardeur intérieure, un feu interne, agité par un violent mouvement et cherchant à s’étendre.

Le chaldéen dérive de lui toutes les idées de peur, de peine, d’anxiété et de mal et de passions douloureuses. En arabe, syriaque et éthiopien, il signifie une affliction tourmenteuse.

La Leçon de Na’hash

Toute émotion amoureuse est expansive, toute émotion de haine est restrictive.

L’Espoir et la Foi appartiennent à la nature de l’Amour et ils agrandissent l’âme, tandis que la Peur et le Doute et le Désespoir appartiennent à la nature de la Haine et contractent l’âme, nous rendant mal à l’aise et malheureux.

Le Serpent est contraction, petitesse et inversion ; tandis que les hommes se battent et se querellent les uns avec les autres, ils ressemblent plus ou moins au vieux Serpent, chacun tirant la couverture à soi, anxieux de sa préservation.

La Libération de la langueur du Serpent ne peut être obtenue qu’en sortant des voies du Serpent et en apprenant à obéir à la Loi de l’Amour, dont le premier édit est le sacrifice de soi.

Élever le Serpent intérieur

Au travers de l’histoire, le serpent reste le symbole le moins bien connu des éléments bibliques, souvent associé au mal et aux forces de la tentation et de la chute. Mais, si nous regardons le serpent avec des yeux de kabbalistes et non de simples croyants, alors les enseignements qu’il recèle sont nombreux et l’histoire du Jardin d’Éden prend une coloration bien différente : de la chute nous trouvons alors une transformation spirituelle et un développement possible de l’homme dans la liberté de la Création.

Dans la tradition des maîtres hassidim, un des principes afin d’obtenir une compréhension plus pénétrante et plus grande de la Torah est d’utiliser celle-ci comme un manuel qui par l’alchimie de la psychologie intime de l’âme peut être compris plus aisément.

Chaque personne, lieu, événement, objet représentent un élément organique de la psyché humaine et divine. Par ce mode de connaissance, le serpent du Jardin peut être symboliquement un représentant des instincts primitifs qui se cachent en chacun de nous. En fait, les sages nous disent :

« le serpent était à l’origine destiné à être un grand serviteur de l’homme » (Sanhédrin 59b).

Nos sages, de mémoire bénie, nous donnent ici une vision étonnante qui développe plus avant notre compréhension du serpent. Ils disent que le serpent avait à l’origine des jambes et qu’il fut maudit (Zohar I 171a).

Symboliquement, cela signifie que la condition première au sein de tout un chacun est de pouvoir se mouvoir et de grimper, de s’élever afin d’atteindre des sommets dans l’illumination et la compréhension du divin. Cela signifie aussi que nous sommes capables intrinsèquement de remplir notre vie, de faire vivre le royaume de Dieu en nous et autour de nous. À ce niveau, la bénédiction spirituelle ultime est possible.

Mais lorsque le serpent est maudit par Dieu afin de « ramper sur son ventre et de manger la poussière de la terre » (Genèse 3, 14), la condition première change drastiquement et nous sommes alors enfermés dans les formes inférieures de la passion.

Afin de comprendre ce changement profond, nous devons à nouveau nous tourner vers les maîtres de la tradition kabbalistique.

La Kabbale (Zohar II, 23b et Midrash Rabba baMidbar 14, 12) enseigne en effet qu’il existe quatre niveaux de compréhension et que pour faire un être humain intégral, l’on doit avoir quatre niveaux ou quatre éléments de la nature :

  • l’élément physique (terre),
  • la nature émotionnelle (eau),
  • l’habileté intellectuelle (air)
  • la dimension spirituelle (feu).

En ôtant les jambes au serpent et en le forçant à ramper sur le sol, l’élément ou la pulsion physique est confiné, selon nos maîtres bénis, à la dimension terrestre et physique. Le résultat de cette malédiction est que notre énergie première qui est de réaliser le potentiel transformatif spirituel est à présent dans un état de confinement terrestre, au sein des énergies les plus basses du corps qui sont associées à la sexualité, aux passions physiques et aux désirs terrestres.

C’est la raison pour laquelle nombre de traditions dans le monde ont compris que ce stade inférieur est la source de nos obstacles à atteindre des niveaux de spiritualité supérieurs. Comme résultat, le serpent a été condamné comme maléfique.

Délivrer le Serpent intérieur

Heureusement, la vision conventionnelle qui appelle à la suppression de l’énergie sexuelle ou serpentesque doit être réexaminée sous les feux de la pensée kabbalistique. La Torah nous donne une vision très puissante de ce que peut être notre énergie primale si nous pouvons la faire s’élever à nouveau et la canaliser dans la bonne direction.

Relisons en ce sens la rencontre de Moïse et de Dieu sous la forme du Buisson Ardent, il lui est commandé de laisser tomber son bâton sur le sol et de l’élever à nouveau (Shemoth 4, 3-4).

C’est là le symbole du Tikkun ou de la réparation du bris des vases qui est nécessaire à l’évolution spirituelle véritable.

En son état de chute, la Torah nous dit que le bâton était un serpent qui faisait peur à Moïse, mais qu’une fois élevé il devint le bâton de Dieu par lequel Moïse réalisa ses miracles (Zohar I, 27a).

Cela nous enseigne donc que lorsque nos besoins primaires sont réprimés, nous sommes sans contrôle sur eux, tandis que si nous élevons cette énergie primaire, les mêmes passions sont élevées et transformée et Dieu opère ses miracles au travers de nous (Keter Shem Tov 69).

L’idée est simple, voire simpliste : en canalisant nos passions vers le haut, vers les sphères spirituelles nous pouvons transformer un potentiel destructeur en une chose sainte et bonne.

Cependant, nos sages, de mémoire bénie, nous mettent en garde que mal dirigées nos passions mènent à l’irresponsabilité et peuvent se révéler dangereuses. Les passions doivent donc être guidées par l’élément de l’air (intellect) avant de pouvoir se transformer et se réaliser en feu (spiritualité) par l’utilisation du modèle kabbalistique des quatre éléments.

La passion comme moyen de transformation

Le Yetzer haRa – le mauvais penchant – n’est rien de plus que l’énergie réprimée qui doit être transformée et sublimée dans son expression en une énergie spirituelle.

Le Baal Shem Tov, maître de mémoire bénie et que l’huile coule sur ses descendants, soyons dignes d’exprimer sa pensée, explique ainsi que deux lettres hébraïques – Resh et Ayin – épellent le mot « mal » – ra – qui inversé donne le mot « er » qui signifie « être éveillé ».

Le yetzer haEr serait alors l’inclinaison à l’éveil qui repose en chacun de nous.

Comme le serpent dont les yeux restent toujours ouverts, il y a une part en nous qui doit toujours rester en éveil et être sans cesse stimulée. Par conséquent, lorsque l’on ne participe pas sous une forme ou une autre à la spiritualisation ou à l’expression spirituelle de notre intimité. Nous devons chercher une stimulation extérieure par l’étude, la danse, les chants, l’art.

La Kabbale nous enseigne que la sexualité et la spiritualité sont une énergie UNE.

Sous sa forme inférieure, elle se manifeste comme un instinct primaire et se manifeste par le stupre. Dans sa forme élevée, elle se manifeste comme un amour intense et illimité de l’amour divin, une passion pour la vie et l’éclosion de la beauté de l’être intérieur. En sa forme élevée de joie et de bonheur, elle nous permet d’atteindre les sphères prophétiques de l’inspiration divine (Likkutei Moharan I, 24).

Nos sages, de mémoire bénie, disent que lorsque deux mots hébreux ont une même valeur numérique, ils sont en fait de même essence, mais à un niveau plus subtil et plus occulté. Peut-être est-ce pour cela que les mots hébreux Mashiach (messie) et Na’hash (serpent) ont la même valeur numérique de 358.

En surface, ils semblent représenter deux forces opposées, en essence ils sont liés. La tradition nous explique que lorsque l’ère messianique arrivera, nos instincts primaires seront « enlevés » et que tout sera transformé en bon. Cela signifie que ces instincts seront élevés et ne seront plus réprimés mais que la pulsion intime retournera à sa passion originelle de trouver sa réalisation dans la vie spirituelle de l’amour du Dieu vivant (Tikkunei Zohar 21 43a).

La vie est une célébration qui doit être vécue et si l’on nie sa propre nature et ses désirs, alors on nie sa nature divine et humaine, on nie la gloire intrinsèque de notre essence divine.

L’individu spirituel a besoin d’éléments positifs pour se transformer, il utilise ses désirs terrestres afin de les sublimer en des expressions créatrices et divines. Il élève le serpent afin de reprendre la route du royaume divin qui est en nous et autour de nous.

(Extrait de  : Elever le Serpent intérieur par Rabbi Yakob Phunès.)

La Métamorphose du Dragon

On traduit ordinairement le mot Na’hash par serpent, alors que son sens en hébreu est plus large et peut désigner aussi toute espèce de reptiles et même des animaux tels que le dragon. Ce terme de dragon a de plus l’avantage d’être suggéré par saint Jean (Ap. 12, 20) lorsqu’il parle du grand dragon, de l’antique Serpent.

Revenons à la Bible et au chapitre III, verset 1 de la Genèse : « Et le serpent est le plus rusé des animaux des champs »

« Lorsque Élohim se retire dans son Shabbat et qu’alors YHVH monte des profondeurs dans une exigence d’accomplissement, avec lui monte le Satan. L’Adversaire enveloppe le NOM comme une coque enveloppe le fruit et lui fait barrière. L’adversaire n’est pas l’ennemi. A la racine de la vie, le serpent symbolise cette barrière, mais à l’acmée de l’œuvre, toutes barrières ayant été franchies, c’est-à-dire le serpent ayant été intégré par l’homme conquérant son NOM, avec le Nom, il est la vie »

  • Annick de Souzenelle, l’Alliance de Feu tome II.

Le serpent apparaît dans le livre de l’Apocalypse comme le « serpent ancien » ou « vieux serpent », utilisé pour décrire « le dragon », Satan l’Adversaire, qui est le diable. Ce serpent est représenté comme un dragon rouge à sept têtes et dix cornes, chacune ornée d’un diadème.

L’être humain peut exploiter la puissance de son dragon intérieur ; une créature innée qui symbolise ses caractéristiques, son expérience et sa nature profonde, se manifestant soit par une puissance surnaturelle, une sagesse, une force et un savoir occulte, soit par une incarnation du chaos et d’une nature indomptée, selon sa personnalité.

En Asie, le dragon et le serpent symbolisent la puissance et la sagesse.

En psychanalyse jungienne, le serpent est un archétype majeur de l’inconscient. Pour Carl
Gustav Jung, il ne représente pas simplement le mal ou la tentation, mais une énergie
psychique primitive liée à la transformation intérieure.

Comme il mue, il représente :

  • La renaissance
  • La transformation de la personnalité
  • Le processus d’individuation (devenir soi-même)

Dans cette perspective, le serpent n’est pas négatif : il annonce un changement intérieur
profond.

Le serpent peut aussi représenter l’Ombre — la part refoulée de la personnalité.

Il symbolise :

  • Les pulsions non reconnues
  • Les peurs primitives
  • Les aspects instinctifs que l’ego rejette

Le dragon n’a jamais été une bête à abattre, mais un mystère à endurer. C’est la descente que Jung a osé écrire avec du feu.

Dans cette exploration, on suit la descente alchimique de Carl Jung dans ses Études Alchimiques, en retraçant la figure symbolique de Serpens Mercurialis, aussi connu sous le nom de Draco Mercurialis, le dragon intérieur, le métamorphe, le démon alchimique, etc.

De l’ouroboros et de la prima materia à la fleur de saphir et au feu dans le ventre, cette vidéo est une condensation de la psychologie jungienne, de l’alchimie de l’âme, du symbolisme du serpent, de la transformation intérieure, de l’individuation, de la prima materia, du Soi et de l’archétype de Mercure en tant que dragon à la porte de la conscience.

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