Iyar: « ani HaShem rof’ékha » (אני ה’ רופאך) Je suis ton médecin
Suivant la calendrier hébraïque nous voici entrés dans le mois de « Iyar » , le 2ème mois de l’année juive qui se situe entre « Nissan » le mois de la Sortie d’Egypte et « Sivan », le mois du Don de la Torah .
Si la sortie d’Egypte est synonyme de la délivrance ou de la guérison de l’âme, cette même guérison devra aussi concerner le corps pour qu’il puisse recevoir la Torah ; cela passera par l’essence du mois de « Iyar » ; le mois de la « Réfouah Shélémah » ( ou du rétablissement complet), comme l’indiquent les lettres de son nom, elles sont « Aléf, Yod, Yod, Reich » אִייָּר , les initiales de l’expression « Ani HaShem Rofé’ha » ; Je suis D.ieu Ton Médecin ( Shémoth 15,26).
Au niveau de la Guématria , le pouvoir guérisseur du mois de « Iyar » nous est révélé par sa valeur numérique égale à 221 ou 13×17 ; 13 étant la valeur de « E’had » אחד qui veut dire Un, et 17 , celle de « Tov » טוב ( ou bon) , le mot et le nombre intimement lié à la Lumière originelle ( Genèse 1,4).
Théoriquement le mois de Iyar (אייר) est d’après la Torah le deuxième mois de l’année juive puisque Nissan en est le premier avec la fête de Pessah comme première fête de pèlerinage. Cependant, les mois se sont vus « affublés » de noms babyloniens.
Dans le talmud le deuxième mois de l’année s’appelle « ziv » ou « nitsane » le premier nom signifiant « éclat » et le suivant désignant les « bourgeons » en effet, les bourgeons commencent à apparaître en cette période.
De manière plus traditionnelle, le mot « iyar » est composé des initiales des mots : « ani HaShem rof’ékha » (אני ה’ רופאך) Je suis ton médecin. Ce mois, succédant à Nissan qui est un mois plein de 30 jours, comporte toujours deux jours de Rosh Hodesh.
Le mois de Iyar est un mois riche en événements et deux tiers de la période du Ômer se déroule pendant ce mois.
Une « segoula » pour ce mois placé sous le signe de la guérison : s’il pleut pendant ce mois il ne faut pas hésiter à se faire un peu mouiller par les gouttes de pluie ou bien disposer une petite cuvette ou un verre qui pourraient recueillir de l’eau de cette pluie et en mettre sur le point qui fait souffrir ou en boire un peu en demandant :
« puisque Toi, HaShem, Tu es notre médecin guéris untel de ses maux et accorde lui une refoua shelema »…
Dans la tradition, « Ani Hashem Rofé’ha » ne désigne pas une guérison ordinaire, mais une guérison divine qui prévient même l’apparition de la maladie.
Ce concept fait référence au verset de l’Exode (15:26) :
« Toutes les maladies que j’ai infligées à l’Égypte, je ne les mettrai pas sur toi, car Je suis l’Éternel qui te guérit ». Cette promesse divine indique que la guérison divine est préventive et complète.
Le 1er du mois d’Iyar a eu lieu le premier dénombrement du peuple et c’est aussi un premier Iyar qu’a été posée « la première pierre » du Temple par Salomon.
Dans certaines communautés sont permis les mariages le jour de rosh hodesh Iyar bien que la supputation de l’Omer ait commencé certains avancent que parce que le début de la construction du Temple est une marque d’allégresse.
Le 5 Iyar est célébré l’anniversaire de l’Indépendance d’Israël (selon le jour où tombe cet anniversaire et, pour éviter du hiloul HaShem) il se peut que la célébration soit avancée. Un article séparé évoquera le Yom HaAtsmaouth.
LA PÉRIODE DU OMER
Dès le deuxième soir de Pessah, on compte le ômer et l’on a coutume de prendre en main une poignée de gros sel.
Il est bon de ne pas se détacher des coutumes même si parfois nous n’en connaissons pas la source. Les coutumes sont une part de nous-mêmes et de notre identité…….
Dès le deuxième soir, les hommes attendront que la nuit soit complète pour commencer à « compter le ômer » 49 soirs durant.
Qu’est-ce que le ômer ?
La récolte de l’orge se faisait en cette période et la mitsva est de présenter un ômer (mesure) d’orge au Temple. Cependant, cette période est une période de deuil car se sont produits des faits regrettables en cette longue période de 7 semaines.
Le compte du Ômer est généralement fait par les hommes la nuit tombée et le décompte doit se faire sans interruption. Si, par hasard, la personne a oublié et ne s’en souvient que le lendemain, il pourra continuer à compter sans la bénédiction.
Pendant le Ômer, il est généralement interdit de se raser ou de faire une coupe de cheveux ; on n’écoute pas de musique et on ne célèbre ni mariage ni bar mitsva mais seulement une brith mila ou le rachat d’un premier né.
LAG BAOMER
LAG que l’on écrit en Hébreu avec un lamed et un guimel signifiant 33 car il s’agit du 33ème jour du Ômer, est le jour anniversaire de naissance et du décès de Rabbi Shimôn bar Yohay.
C’est la date du 18 Iyyar.
Dans l’après-midi précédant cette veillée que, certains, en Israël, prolongent jusqu’aux lueurs du petit matin, les jeunes garçons et/ou filles, rassemblent du bois (palettes et vieux meubles parfois) pour en faire des feux de joie dans des terrains vagues ou sur le littoral.
Les jeunes garçons ou les jeunes filles ont disposé sous les feux des pommes de terre et de gros oignons tous enveloppés de papier aluminium et ces légumes rôtis sous les cendres seront dégustés à la lueur des feux s’éteignant lentement.
Les sons des guitares donnent à ces soirées de « koumzitz » (les pommes de terre rôties) un goût qui ne s’effacera jamais des mémoires, les transformant en des souvenirs merveilleux. Plus tard, dans la nuit, sur les cendres encore chaudes, des marshmallows embrochés sur des piques de bambou se caraméliseront.
D’autres personnes organisent des soirées festives avec ou sans collation durant lesquels sont psalmodiés des chants à la gloire du célèbre Tana, auteur du Zohar. D’autres personnes achètent de grosses bougies décorées de fils dorés et d’autres couleurs, et de dentelle de cire de bougie qui seront allumées lors de la soirée à la mémoire de Rabbi Shim’ôn. D’autres offrent de l’huile pour allumer des veilleuses.
Les personnes présentes apportent à la synagogue des friandises, des gâteaux au miel, et des bouquets de fleurs composés le plus souvent de petits œillets embaumant l’air de la synagogue et de fleurs de lin.
Les hommes entonnent des hymnes à la gloire de Bar Yohay et chacun allume des bougies et prie avec ferveur pour que se réalisent les vœux les plus pieux s’élevant de chaque cœur.
En Eretz Israël, les fidèles se rendent à Mérone où se trouve le tombeau de Rabbi Shimône et de manière à trouver une place relativement près de la « grotte » certains plantent déjà leur tente une semaine ou dix jours avant la hiloula.
Des familles profitent de cette date pour y amener leurs petits garçons âgés de 3 ans pour le « halaké » ou première coupe de cheveux et le port du premier talith katane.
C’est encore le prétexte de faire des grillades « âl haesh » et de régaler les voisins de bonnes brochettes odorantes.
Le 28 IYAR JOUR DE JERUSALEM
C’est le 28 Iyar en 1967 que l’armée de Tsahal a libéré l’accès au Kotel et que les soldats ont déblayé tous les immondices déposés là sans aucun respect pour ce lieu sacré haut-lieu sacré du judaïsme. Des pierres tombales prises au cimetière juif du Mont des Oliviers avaient servi d’urinoirs ou de latrines.
Le mois d’Iyar, avec ses deux interprétations – guérison divine et abnégation parfaite exemplifiée par Rachel – représente une période propice à la guérison physique et spirituelle.
Cette période du compte du Omer, qui occupe tout le mois d’Iyar, est donc un temps de travail sur soi, de progression spirituelle, et de préparation à la réception de la Torah qui aura lieu en Sivan.
Le mois d’Iyar invite chacun à cultiver les qualités de Rachel : l’abnégation, le sacrifice de soi pour le bien commun, et la capacité à transcender ses propres besoins pour le bien d’autrui, qualités qui sont au cœur même du char divin (Merkavah) et de sa mission de porter la présence divine dans le monde.
Vidéo ci-dessus :
L’ESSENCE DU MOIS DE IYAR (GRAND-RABBIN JOSEPH-‘HAÏM SITRUK)









